Chrome tue votre bloqueur de pub préféré, ce navigateur a trouvé la parade

Google Chrome supprime définitivement les extensions Manifest V2 comme uBlock Origin. Pour éviter la coupure, le navigateur Brave automatise la migration vers ses propres versions hébergées.
Le couperet est en train de tomber sur le plus populaire des bloqueurs de publicités. La transition de Chrome vers Manifest V3 est officiellement entrée dans sa dernière phase, et avec elle, la fin programmée de l’API blocking webRequest qui donne à uBlock Origin sa capacité à intercepter et filtrer n’importe quelle requête réseau. Cette API n’était déjà pleinement fonctionnelle que jusqu’à Google Chrome 149 sur une installation classique. Depuis la version 150, le drapeau interne qui permettait encore de réactiver les extensions V2 a disparu, et leur installation depuis le Chrome Web Store n’est déjà plus possible.
La version 151 de Chrome devrait faire sauter les dernières options de secours, y compris la bidouille bien connue du registre Windows qui prolongeait artificiellement la compatibilité. Google a toutefois précisé qu’une partie du code survivrait encore un temps, sans donner de date de suppression totale.
Brave déploie une migration automatique
Plutôt que de suivre les directives de Mountain View, Brave a déployé son propre plan B. Avec sa version 1.92.134, le navigateur intègre une fonctionnalité capable de détecter automatiquement les extensions Manifest V2 obsolètes installées depuis le Chrome Web Store. Le cas échéant, il sauvegarde les réglages personnels de l’utilisateur, désactive l’extension de Google et la remplace par un équivalent hébergé sur ses propres serveurs, sans que l’utilisateur n’ait à intervenir manuellement.
Pour des raisons de ressources et de maintenance technique, Brave ne migre pas l’ensemble du catalogue du Chrome Web Store. L’éditeur concentre ses efforts sur quatre extensions jugées essentielles pour le contrôle des scripts et de la vie privée : uBlock Origin, AdGuard, NoScript et uMatrix.
Pourquoi Google s’acharne sur les bloqueurs de pub ?
Le calendrier de cette transition s’étire sur près d’une décennie. Google a annoncé Manifest V3 dès 2018, l’a introduit avec Chrome 88 début 2021, puis a repoussé son échéance à plusieurs reprises, au point que la date de janvier 2024 initialement fixée a glissé de plus de deux ans. La désactivation a réellement commencé fin 2024 sur les versions stables, avant ce dernier tour de vis en 2026.
Google justifie ce retrait par la complexité, la dette technique et la sécurité, en évoquant plusieurs failles spécifiques à Manifest V2 récemment découvertes. Le nouveau système, declarativeNetRequest, remplace l’API blocking webRequest par un système déclaratif qui limite le nombre de règles de filtrage, ce qui bride justement les techniques les plus agressives qui faisaient la réputation d’uBlock Origin.
Ce raisonnement sécuritaire ne convainc pas tout le monde. Accusé de profiter de sa position dominante sur les navigateurs pour renforcer son emprise publicitaire, Google s’en défend en pointant la sécurité et la performance. Tim Sweeney, le fondateur d’Epic Games, s’est fait le porte-voix de cette critique, loin d’être isolée dans l’écosystème du développement web. L’argument technique de Google n’est pourtant pas totalement infondé : une extension capable d’intercepter l’intégralité du trafic réseau via blocking webRequest représente une surface d’attaque bien réelle. Mais difficile d’ignorer la coïncidence, pour la première régie publicitaire mondiale et un navigateur qui capterait plus de 71 % du marché début 2026, entre cet impératif de sécurité et l’affaiblissement méthodique des outils de blocage. Le sujet prend une tournure particulière en Europe, où Chrome fait partie des services désignés au titre du DMA, ce règlement censé justement empêcher ce genre d’autopréférence chez les géants du numérique.
Changer de bloqueur ou changer de navigateur ?
Pour les internautes attachés à la version classique et complète d’uBlock Origin, l’étau se resserre. Son créateur, Raymond Hill, présente lui-même uBlock Origin Lite, la version conçue pour Manifest V3, comme une version allégée ayant sacrifié une partie de ses fonctions de filtrage en temps réel.
La question se déplace alors du choix de l’extension vers celui du navigateur. Pour qui souhaite rester sur Chromium, Brave s’impose comme une option solide : le moteur de Google reste là, mais le blocage publicitaire complet aussi. Vivaldi maintient également la compatibilité pour l’instant, tout comme Microsoft Edge, qui prolonge le support surtout via des politiques destinées aux entreprises. Pour qui préfère quitter complètement l’écosystème de Google, Firefox reste l’alternative la plus radicale. Le navigateur de Mozilla, qui utilise son propre moteur Gecko, conserve la prise en charge de Manifest V2 et V3, ce qui permet d’utiliser uBlock Origin dans sa version complète sans compromis.
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Par : Opera
Source :
Neowin
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