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Apps / Softs · 27 octobre 2026

Le Danemark abandonne en silence son test d’un Office open source, sans même en tirer le bilan

Le Danemark abandonne en silence son test d’un Office open source, sans même en tirer le bilan


Annoncé en grande pompe l’an dernier, le test d’une suite bureautique open source au ministère danois de la Numérisation a été arrêté sans bruit. Faute d’évaluation, personne ne saura si le ministère pouvait vraiment se passer de Microsoft.

Le ministère danois de la Numérisation a mis fin à son expérimentation d’une alternative open source à Microsoft Office, révèle Computerworld le 20 octobre. Le projet, lancé à l’été 2025 avec 38 agents, ne sera pas repris et n’a fait l’objet d’aucun bilan. Entre-temps, ce ministère a disparu : il a été fusionné en juin avec celui de l’Enseignement supérieur et de la Recherche.

À l’époque, la ministre de la Numérisation, Caroline Stage, présentait ce test comme un pas vers l’indépendance technologique vis-à-vis des États-Unis, et saluait un « pas bienvenu dans la bonne direction ». Le ministère espérait se passer d’Office 365 avant la fin de l’automne 2025.

Les agents testaient Collabora, une suite bureautique britannique basée sur LibreOffice, fournie par le Danois cBrain et reliée à F2, son système de gestion de dossiers. Le test visait notamment à vérifier l’échange de documents entre les formats de Microsoft et les formats ouverts.

Un test arrêté avant d’être évalué

L’expérience aurait pris fin au moment où la Première ministre a convoqué des élections anticipées, fin février 2026. Un porte-parole du ministère aurait confirmé qu’aucune reprise n’est envisagée.

Des agents auraient buté sur la mise en forme des documents, des pages blanches inexpliquées et le suivi des modifications. Rien ne dit si ces difficultés ont été résolues, ni si elles ont pesé dans la décision d’arrêter.

C’est justement ce que regrette Mikkel Flyverbom, professeur à la Copenhagen Business School. « Tester des alternatives dans un projet pilote est une bonne idée », a-t-il indiqué par courriel à Tom’s Hardware, mais il aurait souhaité que le ministère en tire des enseignements et les partage avec le reste du secteur public. Sans évaluation, impossible de savoir si le ministère aurait pu fonctionner sans Office.

La souveraineté numérique à l’épreuve de l’usage

L’épisode danois survient trois semaines après celui de la Commission européenne, où Element Pro, déployé cet été comme solution de secours à Teams, a été vivement critiqué par des fonctionnaires sur une messagerie interne. Les deux cas n’ont ni la même ampleur ni les mêmes causes : d’un côté un outil de secours jugé décevant, de l’autre un test arrêté sans bilan. Mais ils posent la même question : que vaut une alternative souveraine face à des outils aussi installés que Teams ou Office ?

Le PDG d’Element reconnaissait lui-même des « soucis de jeunesse » inévitables quand on quitte un outil aussi répandu que Teams. Au Danemark, les difficultés qu’auraient rencontrées les agents (mise en forme, suivi des modifications) concernent des gestes du quotidien, qui comptent beaucoup dans l’adoption d’un outil. L’envie, elle, existe : un sondage Eurobaromètre montrait en juin que 83 % des Français jugent souhaitable de réduire la dépendance numérique aux acteurs américains, mais nommer une alternative crédible aux outils du quotidien reste plus difficile.

D’autres alternatives européennes continuent d’avancer. Euro Office, qui s’appuie sur OnlyOffice et non sur LibreOffice, vient de proposer son client de bureau sur Windows, macOS et Linux. Elle prend en charge les formats .docx, .xlsx et .pptx, comme nous l’annoncions en septembre.

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Par : Opera

Source :

iBestsuur



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