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Apps / Softs · 30 août 2026

Le prix caché de Windows dans votre PC est parfois remboursable

Le prix caché de Windows dans votre PC est parfois remboursable


Chaque PC vendu avec Windows contient une ligne de facture invisible : celle de la licence. Une campagne européenne explique comment la refuser et récupérer votre argent. Les constructeurs, eux, préféreraient que vous n’y pensiez pas trop.

Acheter un ordinateur portable en 2026 revient presque toujours à acheter Windows avec, que vous comptiez l’utiliser ou non. Le montant de la licence se fond dans le prix de la machine, sans apparaître nulle part. Un peu comme si une agence immobilière vous facturait les meubles du précédent locataire, sans afficher leur prix ni vous laisser les refuser. Les adeptes de Linux et les allergiques aux logiciels imposés paient donc, depuis des décennies, pour un système qu’ils effacent parfois dès le premier soir. Une initiative européenne entend leur rendre cet argent, et elle connaît un net regain d’attention cette semaine.

Comment récupérer l’argent d’une licence jamais désirée ?

Derrière le site Refund4Freedom, on trouve la Free Software Foundation Europe et l’association italienne Italian Linux Society, qui ont lancé l’opération en mai 2025. Le principe tient en une phrase : personne ne devrait payer pour un logiciel dont il ne veut pas. Le mode d’emploi, lui, demande un peu de discipline. Au premier démarrage, il faut photographier les clauses du contrat de licence qui évoquent le remboursement, puis refuser ledit contrat au lieu de cliquer machinalement sur « accepter ». Vient ensuite le contact avec le service client du fabricant, par écrit et preuves à l’appui, sans jamais formater la machine entre-temps. En cas de refus, la campagne fournit un courrier type brandissant la menace d’une action en justice, ainsi que les coordonnées de l’autorité de la concurrence italienne. Le mouvement est en effet piloté depuis l’Italie, avant une extension promise au reste de l’Europe.

Les retours d’expérience compilés par l’initiative dressent un tableau peu flatteur des constructeurs. HP ignorerait purement les demandes, quand les conditions de vente de Dell invitent à renvoyer le PC complet en cas de désaccord avec le système préinstallé. Lenovo et Acer disposent d’une procédure, à condition d’expédier la machine dans un centre agréé (avec les délais et les frais que cela suppose). Asus rembourserait entre 9 et 65 euros selon la version de Windows, via une démarche non documentée à engager sous trente jours. Les sommes effectivement récupérées vont de 40 euros chez MSI à 129 euros chez Acer, ce dernier montant arraché au terme de longs échanges juridiques, jusqu’à la menace d’un procès.

Et en France, la manœuvre a-t-elle une chance ?

L’Hexagone a déjà livré cette bataille, et elle s’est mal terminée pour les consommateurs. En 2008, Vincent Deroo-Blanquart achète un portable Sony à 549 euros, refuse le contrat de licence de Windows Vista au premier démarrage et réclame le remboursement des logiciels préinstallés, qu’il évalue à 450 euros. Sony lui propose d’annuler la vente entière contre restitution de la machine, il refuse, et l’affaire grimpe tous les étages judiciaires français avant d’atterrir à Luxembourg. Le 7 septembre 2016, la Cour de justice de l’Union européenne tranche. Vendre un ordinateur avec des logiciels préinstallés, sans version « nue » au catalogue et sans afficher le prix de chaque logiciel, ne constitue pas en soi une pratique commerciale déloyale. Les militants du libre, qui dénonçaient depuis les années 2000 ces « racketiciels » à coups de procès contre HP, Lenovo ou Sony, ont vu leur principal levier juridique se refermer ce jour-là.

Le dossier revient pourtant sur la table dans un contexte qui pique. Microsoft aurait relevé de 7 à 10 % le tarif des licences facturées aux fabricants de PC depuis juillet, une hausse jamais confirmée publiquement par l’éditeur, pendant que la mémoire vive et le stockage flambent déjà. L’initiative précède d’ailleurs cette hausse supposée d’une bonne année, ce qui évacue l’hypothèse d’une riposte improvisée ; elle rappelle surtout que la note logicielle, elle aussi, finit toujours par se répercuter sur l’étiquette en rayon.

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