Withings taxe ses nouveaux clients

La balance est payée, mais les mesures restent à la maison. Les nouveaux clients de Withings devront s’abonner pour envoyer leurs données vers d’autres applications. Un règlement européen tout jeune promet pourtant ce partage sans frais.
Créer un compte Withings depuis le 13 octobre expose à une condition inédite : l’envoi des mesures vers Apple Santé, Health Connect ou Strava passe par l’abonnement Withings+. La formule coûte 9,99 euros par mois, ou 99,99 euros pour l’année. Les comptes ouverts avant cette date gardent leur passerelle gratuite, promesse du support de la marque à l’appui, et cette même passerelle, active depuis plus de dix ans, a bâti la réputation de la société d’Issy-les-Moulineaux.
Le matériel payé, la passerelle en supplément
Une ScanWatch 2 s’affiche autour de 350 euros, une Body Scan 2 coûte 500 euros. Ces produits se choisissent en bonne partie pour leurs renvois automatiques : le poids, le sommeil ou la tension atterrissent sans effort dans l’application Santé déjà installée sur le téléphone. Pour les nouveaux venus, ce réflexe devient une option payante, inscrite noir sur blanc dans les plans de l’API maison, y compris dans la formule baptisée « Start for Free ».
L’application Withings reste gratuite pour consulter ses chiffres, et les documents officiels de l’entreprise l’ont toujours décrite ainsi. Le verrou se trouve à la sortie : impossible, prévient l’entreprise, de faire transiter les mesures par Apple Santé pour les récupérer gratuitement ailleurs. La société fondée en 2008, pionnière de la santé connectée avant même l’Apple Watch, avait justement fait de cette compatibilité tous azimuts un argument de vente. Sur un an, la facture frôle les 100 euros, à ajouter au prix du matériel pour qui tient à ses renvois automatiques.
Un choix qui questionne à l’aube du Data Act
Le Data Act, applicable depuis le 12 septembre 2025, donne à l’utilisateur d’un objet connecté le droit d’obtenir ses données et de les faire transmettre à un tiers de son choix, sans frais et quelle que soit la date d’achat de l’appareil. Voitures, montres ou électroménager : les objets du quotidien entrent dans son champ, et la CNIL en détaille la portée. Depuis le 12 septembre dernier, les appareils mis sur le marché doivent même être conçus pour rendre ces données directement accessibles. Quand une compensation existe, elle se négocie entre le fabricant et l’entreprise destinataire, jamais auprès de l’utilisateur.
Apple et Google échappent pourtant à une partie du dispositif : désignés contrôleurs d’accès par le règlement sur les marchés numériques, ils ne peuvent pas être choisis comme tiers destinataires des données. La fermeture de la passerelle vers Apple Santé et Health Connect ne contredit donc pas frontalement ce droit au partage. Strava et plus d’une centaine d’autres applications compatibles relèvent en revanche du régime général, et la facturation de leur synchronisation pourrait se retrouver questionnée à ce titre. Reste à savoir si un client ou une association de consommateurs portera le sujet devant un régulateur.
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Par : Opera
Source :
The Verge
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